
Jean Cavaillès est né le 15 mai 1903 à Saint-Maixent (Deux-Sèvres). Fils d’officier, il intègre l’École normale supérieure de la rue d’Ulm en 1923, où il se distingue en philosophie et en mathématiques. Il devient un spécialiste reconnu de la philosophie des mathématiques et de la logique, publiant des travaux majeurs comme « Méthode axiomatique et formalisme » (1938). Son parcours académique le mène à enseigner à Strasbourg, puis à la Sorbonne à partir de 1941.
Dès 1940, Jean Cavaillès s’engage dans la Résistance, motivé par son rejet absolu du nazisme et son attachement à la liberté et à la rationalité. Il cofonde, avec Emmanuel d’Astier de la Vigerie et Lucie Aubrac, le mouvement « Libération-Sud » et participe activement à la rédaction du journal clandestin « Libération ». En 1941, il rejoint Paris et contribue à la création de « Libération-Nord », devenant un membre clé de son comité directeur.
En 1942, il est chargé par le BCRA (Bureau central de renseignement et d’action) de Londres de former un réseau de renseignement dans la zone nord, connu sous le nom de « Cohors ». Il organise également des groupes similaires en Belgique et dans le nord de la France, jouant un rôle central dans la coordination des réseaux et la transmission d’informations aux Alliés.
Jean Cavaillès est arrêté par la Gestapo le 28 août 1943 à Paris. Malgré la torture, il ne révèle aucun nom. Il est exécuté le 17 février 1944 au fort de Bondues, près d’Arras, à l’âge de 40 ans. Son courage et son refus de parler sous la torture en font une figure héroïque de la Résistance.
Jean Cavaillès est reconnu comme Compagnon de la Libération. Son engagement, à la fois intellectuel et physique, incarne l’alliance entre la pensée et l’action. Plusieurs lycées portent aujourd’hui son nom, et son histoire est souvent citée comme exemple de résistance rationnelle et déterminée contre l’oppression.






