Tunisie

En 1939, la Tunisie est un protectorat français depuis 1881. Le pays est dirigé par le résident général français, mais le bey (monarque local) conserve une autorité symbolique. La société tunisienne est divisée entre une élite francophone, une bourgeoisie nationale (notamment le parti nationaliste Néo-Destour de Habib Bourguiba) et une majorité rurale appauvrie. Les tensions entre nationalistes tunisiens et autorités coloniales sont vives, surtout après les répressions des années 1930.

Dès 1939, la France mobilise des Tunisiens pour l’effort de guerre (travailleurs, soldats dans les bataillons nord-africains). Les conditions de recrutement sont souvent coercitives, et les soldats tunisiens subissent les mêmes discriminations que les autres colonisés (soldes inférieures, équipements médiocres).

Les autorités coloniales surveillent et répriment les mouvements nationalistes, comme le Néo-Destour, qui réclame l’indépendance. Habib Bourguiba et d’autres leaders sont emprisonnés ou exilés.

Le régime de Vichy étend ses lois raciales à la Tunisie, touchant la communauté juive tunisienne (environ 100 000 personnes). Les Juifs sont exclus de certaines professions, leurs biens sont spoliés, et des camps de travail sont créés.

La Tunisie, comme le reste de l’Afrique du Nord, est soumise à des réquisitions massives (céréales, huile d’olive, phosphates) pour ravitailler la France et l’Allemagne. La population souffre de pénuries et d’inflation.

Après la défaite française en 1940, la Tunisie reste sous contrôle de Vichy, mais les Italiens (alliés de l’Allemagne) exercent une influence croissante, notamment dans le sud du pays.

Les Alliés débarquent en Afrique du Nord en novembre 1942, mais la Tunisie reste d’abord sous contrôle de l’Axe. Les Allemands et les Italiens en font une base arrière pour résister à l’avancée alliée.

La Tunisie devient le théâtre d’une campagne militaire décisive. Les combats opposent les forces de l’Axe (dirigées par Rommel) aux Alliés (Américains, Britanniques, Français libres). Les batailles de Kasserine, de Mareth et de Tunis sont parmi les plus sanglantes de la guerre en Afrique.

Les Alliés remportent la victoire en mai 1943, chassant les dernières troupes de l’Axe. La Tunisie passe alors sous administration militaire alliée, puis est rétrocédée à la France libre.