Alsace Lorraine

L’Alsace-Lorraine, région frontalière entre la France et l’Allemagne, a une histoire complexe marquée par des changements de souveraineté. Annexée par l’Allemagne après la défaite française de 1871, elle est rendue à la France en 1918. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne nazie l’occupe à partir de juin 1940 et tente de la réannexer, considérant cette région comme germanique.

Dès 1940, l’Alsace-Lorraine est rattachée de facto au Troisième Reich. Les nazis la divisent en deux Gaue (circonscriptions administratives allemandes) : le Gau Baden-Elsaß (Alsace) et le Gau Westmark (Lorraine, Sarre, Palatinat). Strasbourg devient la capitale du Gau Baden-Elsaß.

Les autorités allemandes imposent une politique de germanisation radicale : interdiction de parler français dans les lieux publics, changement des noms de rues et de villes, expulsion des habitants jugés « non-germanisables » (notamment les Juifs et les opposants politiques). Les écoles enseignent exclusivement en allemand, et les médias sont contrôlés par la propagande nazie.

Les jeunes Alsaciens-Lorrains sont enrôlés de force dans la Wehrmacht ou la Waffen-SS à partir de 1942, sous peine de représailles contre leurs familles. Environ 130 000 Alsaciens-Mosellans, appelés « Malgré-nous », sont ainsi incorporés. Beaucoup périront sur le front de l’Est ou en captivité.

La Gestapo et les services de police allemands répriment toute opposition. Les résistants, les communistes, les Juifs et les opposants sont arrêtés, déportés ou exécutés. Les camps de concentration de Natzweiler-Struthof (Alsace) et de Schirmeck sont des symboles de cette répression.

Malgré les risques, des réseaux de résistance se forment, comme le réseau Alliance ou le groupe Mario. Ils aident les réfugiés, diffusent des tracts, et sabotent les infrastructures allemandes. Certains Alsaciens-Lorrains rejoignent aussi les maquis ou les Forces Françaises Libres.