La LVF est créée en juillet 1941, peu après l’invasion allemande de l’URSS (opération Barbarossa), dans un contexte où le régime de Vichy et une partie de l’extrême droite française voient dans le communisme soviétique un ennemi absolu.
Le projet s’inspire des unités étrangères de la Wehrmacht (comme la Division Azul espagnole) et des milices fascistes européennes. Il est soutenu par des figures collaborationnistes comme Jacques Doriot (chef du Parti populaire français, PPF) et Marcel Déat (Rassemblement national populaire, RNP).
La LVF est présentée comme une force destinée à « libérer » l’Europe du communisme, en s’intégrant à la croisade nazie contre l’URSS.
Pour ses partisans, elle offre une occasion de « laver l’affront » de la défaite française face à l’Allemagne, en s’engageant aux côtés du Reich contre un ennemi commun.
Malgré les espoirs initiaux (10 000 à 15 000 volontaires espérés), la LVF ne rassemble jamais plus de 5 000 à 6 000 hommes, dont beaucoup sont des marginaux, des anciens combattants désillusionnés, des militants d’extrême droite ou des prisonniers de guerre libérés sous condition.
La LVF est envoyée sur le front russe à partir de 1941, où elle participe à des opérations mineures (siège de Leningrad, bataille de Moscou). Ses unités sont souvent utilisées pour des missions de seconde ligne (gardes, patrouilles).
Environ 1 500 morts sur les 6 000 engagés, en raison du manque d’équipement, de l’hostilité des populations locales et des combats acharnés.
Beaucoup de volontaires, confrontés à la réalité de la guerre et aux exactions nazies, désertent ou se rendent aux Soviétiques.
En 1943, après la défaite allemande à Stalingrad, la LVF est dissoute et ses rescapés sont intégrés à la 8e division SS « Florian Geyer » ou à la division SS « Charlemagne » (créée en 1944 pour regrouper les volontaires français).
Les derniers survivants de la LVF/SS combattent en Poméranie (1945) avant d’être anéantis par l’Armée rouge. Ceux qui survivent sont soit exécutés sommairement, soit déportés en URSS.


