Cameroun

Après la défaite de la France en juin 1940, le Cameroun reste d’abord sous l’autorité du régime de Vichy, comme la plupart des colonies françaises. Cependant, en août 1940, le gouverneur Richard Brunot rallie le Cameroun à la France libre du général de Gaulle, après des négociations avec les Britanniques (qui contrôlent le Nigeria voisin). Ce ralliement est stratégique : il permet aux Alliés de disposer d’une base en Afrique centrale pour mener la guerre contre l’Axe.

Le Cameroun devient une plaque tournante pour les Forces françaises libres (FFL). Des soldats camerounais (tirailleurs) sont recrutés et envoyés combattre en Afrique du Nord, en Europe et en Extrême-Orient. Les infrastructures portuaires de Douala sont utilisées pour le ravitaillement des troupes alliées.

Le Cameroun fournit des ressources stratégiques (caoutchouc, bois, produits agricoles) aux Alliés. La production est intensifiée pour soutenir l’effort de guerre, souvent au détriment des populations locales, soumises à des réquisitions et à un durcissement du travail forcé.

Des troupes britanniques, françaises libres et américaines stationnent au Cameroun, notamment à Douala et Yaoundé. Le pays sert de base arrière pour les opérations en Afrique équatoriale française (AEF) et en Libye.

Les autorités coloniales mènent une campagne de propagande pour encourager l’enrôlement et le soutien à la France libre. Des figures locales, comme le chef supérieur des Bamiléké, Martin-Paul Samba, jouent un rôle dans la mobilisation des populations.