Algérie

Dès septembre 1939, la France mobilise des milliers de soldats algériens (tirailleurs, goumiers, spahis) pour combattre en métropole et sur d’autres fronts. Environ 300 000 Algériens serviront dans l’armée française pendant la guerre, souvent dans des conditions difficiles et avec un équipement inférieur à celui des soldats métropolitains.

L’Algérie devient un fournisseur clé de ressources (blé, vin, pétrole, minerais) pour la France et les Alliés. Les réquisitions et la pénurie touchent durement la population locale, aggravant les tensions sociales.

Les revendications indépendantistes, portées notamment par le Parti du peuple algérien (PPA) de Messali Hadj, sont réprimées. Le PPA est dissous en 1939, et ses dirigeants sont emprisonnés ou surveillés.

Le régime de Vichy étend ses lois raciales à l’Algérie, touchant particulièrement les Juifs algériens (dénaturalisations, exclusions professionnelles). Les Juifs, qui avaient obtenu la citoyenneté française en 1870 (décret Crémieux), sont à nouveau discriminés.

Les nationalistes algériens sont traqués, et les mouvements de résistance naissants sont sévèrement réprimés. Les conditions de vie de la population musulmane se dégradent, avec des famines locales et des épidémies.

L’opération Torch, menée par les Américains et les Britanniques, vise à libérer l’Afrique du Nord du contrôle de Vichy. En Algérie, les forces françaises ralliées aux Alliés (comme le général Giraud) et les résistants locaux jouent un rôle clé. Les combats sont brefs, mais les tensions entre Français libres et forces de Vichy persistent.

Après la libération de l’Afrique du Nord, l’Algérie devient une base stratégique pour les Alliés : ports (Alger, Oran), aéroports, et quartiers généraux (comme celui d’Eisenhower à Alger). La conférence d’Anfa (janvier 1943) y réunit Roosevelt, Churchill et de Gaulle pour préparer la suite de la guerre.

La présence alliée et les promesses de démocratie inspirent les nationalistes algériens. En 1943, Ferhat Abbas publie le Manifeste du peuple algérien, réclamant l’égalité des droits et l’autonomie dans le cadre d’une fédération française. Ce texte marque un tournant dans la revendication politique algérienne.

Alors que la guerre en Europe s’achève, des manifestations nationalistes pour l’indépendance tournent à l’émeute. La répression française est brutale : l’armée et les milices coloniales tuent des milliers d’Algériens (les bilans varient de 6 000 à 45 000 morts selon les sources). Ces événements marquent un point de non-retour et préparent le terrain pour la guerre d’indépendance (1954-1962).